Historique
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Pour le visiteur contemporain, Mayumba semble être une petite ville endormie et tranquille et le parc une région côtière inhabitée couverte de forêt primaire. Pourtant les choses n’ont pas toujours été comme ça. Le pays possède une histoire humaine longue et agitée et de nombreuses zones qui semblent sauvages maintenant étaient en fait des villages prospères et des centres de commerce. L’empreinte de la colonisation pré-européenne est presque inexistante en Afrique tropicale mais nous savons d’évidences archéologiques que la côte gabonaise était bien peuplée durant la période néolithique entre 5000 et 2000 ans avant notre ère. Les habitants de la côte, nous ont laissé des demi-coquilles d’huîtres et de nombreux outils de pierre abandonnés comme preuve de leur occupation du territoire. L’année 1472 vit la première rencontre d’un Africain et d’un Européen au Gabon, suivit par la présence successive et chevauchante de commerçants, d’explorateurs et de missionnaires Portugais, Français, Hollandais et Anglais. |
Le principal intérêt des Européens à cette époque était les Africains eux-mêmes. La côte Sud du parc autour du site de Banda devint un grand et prospère lieu de commerce d’esclaves. En provenance Sud et de l’intérieur des terres, ils étaient revendus et chargés sur des bateaux en partance pour les Amériques. L’abolition définitive de l’esclavage par les pays occidentaux n’a pas mis fin à cette pratique dans cette zone. Par la suite, pendant de nombreuses années le sel produit sur la côte était transporté à l’intérieur des terres et troqué contre des esclaves qui travaillaient pour leur propriétaire dans les plantations. A cette époque, de nombreuses compagnies de commerce européennes faisaient affaire dans la zone de Mayumba et il n’était pas rare de croiser des comptoirs commerciaux français et britanniques, dans des camps le long de la lagune Banio. Les principaux produits d’exportation étaient le bois, l’ivoire et le caoutchouc. Les missionnaires sauvaient les âmes alors que l’administration coloniale française prenait en définitive la responsabilité de gérer la zone et le pays. A bien des égards leur tâche devait avoir été plus facile qu’elle ne l’est maintenant. Durant la première partie du 20ème siècle, il y avait une ligne télégraphique reliant Mayumba à Pointe Noire au Congo. D’ailleurs les vieux pylônes en acier rouillés jalonnent encore la savane Sud du parc. Le transport du courrier était assuré entre les deux villes et dans tous les coins de la région par de rapides messagers à pieds. L’un d’eux vit encore à Mayumba et étonne ses auditeurs en racontant comment il faisait ses 440 km d’aller retour plusieurs fois par mois pendant 17 ans, portant le courrier et parfois avec un sac de café sur les épaules. Une impitoyable approche de gestion de la population locale permettait une faible résistance envers l’administration et beaucoup de vieux résidents de Mayumba racontent que leurs parents séjournaient dans de minuscules camps cachés en arrière de la lagune Banio afin de se soustraire aux patrouilles régulières de la milice qui rassemblaient les habitants pendant des périodes de 15 jours pour le travail forcé. Une route de pierre allant du Sud de Mayumba vers le Congo résulte de ces travaux. Des vestiges de la route subsistent à quelques kilomètres au sud de la ville. |
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On peut voir des traces de l’administration coloniale autour de la ville de Mayumba, dont la maison en ruines du Gouverneur de l’Afrique Centrale Française. Le nouveau bâtiment administratif a été construit sur l’une des trois collines centrales de Mayumba, le long du bâtiment délabré de l’administration française et d’un vieux manguier qui était alors utilisé comme poste de guet pour surveiller la baie Panga. Il y a aussi quelques rares tombes dans la zone, dont une située près de la communauté de pêcheurs béninois à l’Office, portant le témoignage des voyageurs, missionnaires et commerçants provenant d’Amérique, d’Allemagne et d’Angleterre qui ont succombé au paludisme ou se sont perdus en mer. L’architecture coloniale la plus conservée est la magnifique mission catholique du Saint Esprit, qui est perchée au sommet d’une petite colline du côté intérieur de la lagune, donnant sur le bac et sur l’hôtel Safari Club. Etablit en 1888, elle reste la mission la mieux préservée du Sud du Gabon et elle est encore utilisée aujourd’hui. Un internat pour les enfants y avait été crée et on y enseignait les principes de la foi, de l’instruction et de l’artisanat. La vie était disciplinée et exigeante, mais a donné à de nombreux enfants une chance d’aller dans une communauté plus large et éventuellement de tenir des rôles importants dans la société. Les écoliers vont encore en classe ici et la messe est encore donnée régulièrement dans la charmante chapelle. Une visite est tout à fait recommandée. |
En 1895, le saint homme islamique, professeur, poète et visionnaire Cheikh Amadou Bamba a été exilé à Mayumba depuis le Sénégal, alors contrôlé par les français, à cause de ses « dangereuses » opinions. Il est resté 7 ans et a continué ses écrits et ses contemplations spirituelles avant que ses partisans n’organisent son retour au Sénégal. Mort en 1927, le mouvement de la Confrérie Mouride, qui compte maintenant plus d’un million de partisans, grandit autour de lui. A ce jour, des pèlerinages s’organisent à Mayumba pour commémorer son séjour dans la ville. |
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