Tortues Marines
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Tortues marinesChaque année, une miraculeuse invasion se produit sur les plages du Gabon. Au large de l’océan atlantique, les tortues luths adultes passent la plupart de leur vie à nager à la surface de l’eau et à se nourrir de méduses. Pourtant une fois par an, certaines d’entre elles commencent une migration vers les sites de reproduction, uniques endroits où les deux sexes se rencontrent. Après la reproduction, les mâles sont libres de retourner au large. Les femelles quant à elles, se dirigent vers les côtes et nagent vers le rivage, où débute l’un des plus étonnant et mystérieux cycle de la nature. Au début du mois de novembre, la saison des pluies est déjà bien entamée au Gabon. Les journées sont chaudes et humides et les nuits sont ponctuées de tempêtes orageuses. Après la saison sèche, le changement de temps apporte une explosion d’énergie et de production de la flore et de la faune. |
C’est à ce moment là que les femelles tortues luths, portant leurs œufs, approchent les côtes de l’Afrique Centrale. Les tortues luths pondent sur les côtes indienne et atlantique de l’Afrique. Cependant, de tous les sites de ponte du continent africain, c’est Mayumba qui est le plus fréquenté. Comme un aimant, Mayumba semble attirer les tortues luths le long de l’équateur jusqu’à ce qu’elles atteignent la terre. Cet exploit de navigation reste un mystère pour les scientifiques, bien qu’ils pensent que les tortues soient sensibles au champ magnétique terrestre. . |
Cette nuit là, le ciel couvert ne laisse passer qu’un rayon de lune entre les nuages. Sur la plage de Mayumba, la marée est montante et les palmiers bruissent dans la brise crépusculaire. Sur la ligne de marée, la plage est explorée par les mangoustes et les genettes, à la recherche de leur prochain repas. Le bas de plage est grouillant de crabes fantômes qui vont et viennent au rythme des vagues, attrapant leurs petites proies du sable humide. Juste derrière les vagues phosphorescentes, on distingue une forme sombre. A travers une percée de nuage le clair de lune nous révèle une tortue luth se dirigeant vers le rivage, nageant puissamment à travers le ressac et montant sur le sable. C’est un vétéran, qui visite la même zone côtière de Mayumba tous les trois ans depuis plus d’une décennie. Quelques mètres plus loin sur la plage, une jeune femelle émerge aussi des vagues. C’est seulement la seconde fois de sa vie qu’elle touche terre. |
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15 ans plus tôt, une heure après la tombée de la nuit, le sable sec de la surface de la plage commence à bouger. Sous la surface, 50 bébés tortues, dont notre femelle, sont en train de naître. Elles doivent s’extraire de leurs œufs à près d’un mètre de profondeur et doivent commencer à creuser vers la surface, dans l’espace qu’elles ont libéré à l’emplacement de la coquille vide et écrasée. En battant des nageoires, les petites tortues déplacent graduellement le sable au-dessus d’elles, le faisant tomber, ce qui forme une nouvelle plate forme un peu plus haute au-dessus d’elles. De cette manière, après quelques heures, elles ont cheminé petit à petit vers la surface et vers le moment crucial de l’émergence. Une nageoire émerge du sable suivi d’une minuscule tête, puis le premier émergent traverse la surface et pour la première fois découvre le monde qu’il va habiter durant les soixante dix prochaines années. Il rampe sur la plage, suivi par ses compagnons de nid. Glissant sur la plage, les émergents commencent maintenant le plus dangereux voyage de leur vie. Avant que ces individus ne soient capables de revenir ici pour pondre leurs propres œufs, ils devront survivre à une armée écrasante de prédateurs, des crabes et des oiseaux de proies, des requins et des baleines, le plus redoutable d’entre eux étant…les humains. |
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La tortue luth (Dermochelys coriacea) est la plus grosse tortue au monde et l’un des plus grands reptiles (exception faite de certaines espèces de crocodiles). Sa carapace peut mesurer jusqu'à 1.60 m de long et sa masse peut aller au delà de 500kg (la plus grosse qui ait été recensée fut péchée accidentellement au Pays de Galles en 1988. Elle mesurait 2.91 m de long et pesait 916kg). La carapace de la tortue luth est un manteau caoutchouteux couvert d’une peau sombre ayant l’apparence de cuir, tacheté de points blancs. La mâchoire supérieure a des pointes similaires à des dents qu’elle utilise pour attraper des proies molles. Les nageoires antérieures sont très longues et puissantes mais dépourvues de griffes. La tortue luth est l’unique tortue ayant le sang chaud (grâce à des couches de graisse isolantes). |
La tortue luth est carnivore et sa nourriture est variée, elle comprend de petits ou jeunes poissons et/ou des crustacés. Néanmoins elle se nourrit principalement de méduses qu’elle mange en grandes quantités pour d’atteindre sa grande taille. Elle chasse en haute mer à la surface de l’eau ou en plongeant jusqu'à 1 600 mètre de profondeur (la tortue luth est la tortue qui plonge le plus en profondeur.). Les seuls animaux qui représentent une menace pour la tortue luth adulte sont certaines espèces de grands requins, orques et bien sûr, l’homme. |
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Aire de répartitionLa tortue luth est la tortue marine la plus répandue elle a été recensée dans tous les océans. Ayant le sang chaud, elle peut supporter des eaux beaucoup plus froides que les autres tortues. On la retrouve dans l’Atlantique du Nord entre New Foundland et le Labrador, ou encore au sud entre l’Afrique du Sud et l’Argentine. Elle se trouve également partout dans l’Océan Indien, dans l’Océan Pacifique de la Mer de Béring jusqu’au Chili et la Nouvelle Zélande. La tortue luth femelle niche sur presque toutes les plages du Gabon bien qu’il y ait peu de renseignement sur sa présence à la Baie de Corisco, à l’estuaire de Libreville et à la plage entre Port Gentil et l’embouchure de la Rivière Ogooué. Les zones de nidification populaires se trouvent autour de Pongara/Pointe Denis, entre Ozouri et Olendé, Sainte Catherine, Tassi, Gamba et au Sud de Mayumba. |
MigrationsLes tortues luth mâles et femelles, passent la plupart de leurs vies solitaires à nager en haute mer. Néanmoins, tous les 2 à 4 ans, les femelles adultes entreprennent une migration vers une zone de reproduction afin de trouver un male qui fécondera ses œufs. Il demeure un mystère quand à l’endroit de rencontre entre les mâles et les femelles, mais l’on pense à un lieu proche de la côte en face de la plage de ponte. Apres l’accouplement, la femelle vient à terre, souvent sur la même plage d’où elle est née. Jusqu'à ce jour, nous ne comprenons pas bien comment cet exploit de navigation peut être accompli mais tout laisse à croire que la tortue est sensible au champ magnétique de la terre.
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Nidification |
Les femelles tortues luths retournent pondre, etune centaine d’oeufs seront pondus 3 à 6 fois par saison. Toutefois, elles ne se reproduisent vraisemblablement que tous les 2 à 4 ans. Les femelles sélectionnent des plages exposées sans récifs ni autres obstacles. Arrivant à terre la nuit pour se soustraire aux dangereuses températures de la journée, elles se déplacent lourdement sur la plage et creusent leur nid dans le sable.
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L'ovipositionLa ponte est maintenant commencée. Avant ce stade, la femelle est quelque peu sensible aux dérangements. Une lumière vive, le bruit et la manipulation physique peuvent l’inciter à stopper la tentative de ponte et à retourner en mer. Cependant, une fois que la ponte est commencée, pendant cette activité la femelle se concentre à préparer son nids après quoi elle deviendra insensible à tout et c’est le moment où jamais de les contempler. La face intérieure du cou et des autres parties du corps de la tortue peuvent devenir rose vif pendant qu’elle fait son nid (ceci peut durer une heure et demi). La couleur semble être une réaction à la température corporelle – les vaisseaux sanguins permettent au sang de couler affleure de la peau afin de faciliter le refroidissement. L’effort et la chaleur provoquent des essoufflements bruyants et de grandes bouffées d’air. Cet effort semble faire couler des larmes dans les yeux de la femelle, mais celles-ci sont loin d’être causées par la douleur (tel qu’il l’a été pensé) la sécrétion de ce mucus permet d’évacuer le trop plein du sel dans le corps et peut éventuellement protéger les yeux du sable pendant la nidification. |
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Après la ponte, la femelle commence à recouvrir les œufs, taponnant doucement le sable alternativement avec ses nageoires postérieures. Finalement, à la fin du processus, elle jettera de grandes quantités de sable derrière elle, en utilisant ses pattes avant, couvrant efficacement la localisation exacte du nid. La ponte terminée, la femelle se dirige vers la mer. Elle s’oriente en localisant la ligne lumineuse de l’horizon, qui en l’absence d’habitations humaines est généralement la pleine mer. Epuisée, elle lutte pour retourner jusqu’au bord de l’eau et avec quelques battements de ses puissantes nageoires antérieures, elle se glisse dans le ressac et disparaît dans le noir.
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Les pilleurs des nids de tortuesMalgré le fait qu’ils aient été enterrés à presque un mètre sous la terre, les œufs des tortues sont loin d’être à l’abri. La période d’incubation des œufs de tortues dure à peu près 60 jours, période pendant laquelle le nid est explosé et peut être attaqué à n’importe quel instant par des prédateurs ou détruit par des forces naturelles. Le voleur d’œufs le plus vorace sont les « crabes fantômes » (Ocypode sp). De petites tailles mais nombreux voleurs peuvent localiser un nid puis creuser un tunnel et commencer à remonter les œufs vers la surface. Ces intrusions peuvent causer la destruction entière du nid. Même si très peu d’œufs sont réellement attaqués, Des pertes peuvent être occasionnées très tôt pendant la phase embryonnaire ou plus tard en affectant les bébés tortues à quelques jours de l’éclosion. Des marées particulièrement hautes peuvent détruire le nid en les inondant avec de l’eau de mer (ce qui arrive souvent) ou en formant des « falaises » dans le sable, exposant ainsi les œufs aux prédateurs. Un autre pilleur de nids est le réputé le varan du Nil (varanus niloticus) qui creuse le sable jusqu'à l’intérieur du nid, mange plusieurs œufs en laissant d’autres mais exposés à d’autres prédateurs.
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L’éclosionApres un peu plus de deux mois, les nids qui n’ont pas été ravagés par l’inondation ou les prédateurs, sont pleins de petites tortues prêtes à sortir. Les petites tortues commencent simultanément à déchirer puis sortir de la coquille de l’œuf. Avant de commencer l’ascension, elles doivent d’abord aplatir leurs corps qui ont été enroulés dans les œufs pendant des semaines. Les tortues ne creusent pas le sable individuellement pour sortir, mais en gigotant ensemble, poussant le sable sous elles jusqu'à ce qu’elles aient graduellement remonté de leurs nids à la surface.
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Quand elles atteignent la surface, les nouveaux nés tortues sont vulnérables et s‘exposent à la merci d’un grand nombre de prédateurs. Malgré qu’elles ne soient qu’à une distance de quelques mètres de la mer, le voyage entre le nid et la mer est extrêmement dangereux. Les petites tortues sont souvent attaquées et mangées par les oiseaux, les mangoustes, les genettes, et bien sûr, les omniprésents. « Crabe fantôme » Une fois à l’eau, la petite tortue commence à nager directement vers le large. Elle peut continuer dans cette direction pendant des centaines de kilomètres de la terre, sans dévier sa course et utilise la direction des vagues pour se guider. Ce serait réconfortant de penser que les jeunes tortues sont enfin en sécurité quand elles atteignent la mer, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Les poissons prédateurs comme : les vivaneaux et les requins dévorent un grand nombre de petites tortues pendant qu’elles nagent vers le large. Avec leurs carapaces molles et sans aucune défense, plusieurs tortues luth meurent, soit pendant la phase embryonnaire ou pendant leurs premiers jours de vie. La chance pour une tortue luth de revenir à terre à l’âge adulte est inférieure à 0,5 RechercheMalgré des années de recherches intensives, une grande partie de la vie des tortues luth demeure un mystère. Il n’a toujours pas été établi combien de temps est-il nécessaire pour qu’une nouveau né tortue devienne adulte. Au Gabon, nous ne savons toujours pas la fréquence à laquelle les femelles reviennent sur terre nicher ou combien de nids une tortue luth fait par an. Même le comportement d’accouplement n’a été observe qu’une seule fois chez la tortue luth. Néanmoins le plus grand mystère concerne la localisation de la tortue luth entre le moment où elle rentre dans la mer en tant que juvénile, et celui où elle retournera sur la plage comme adulte. Cette période, que les scientifiques appellent « les années perdues », demeure un des grands défis pour comprendre le cycle de vie de la tortue luth.
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Presque toute la recherche effectuée au Gabon est concentrée sur les plages de nidification. Un nouveau projet permet aujourd’hui de placer sur certaines femelles qui nichent de petits émetteurs satellite (balises) afin de suivre les déplacements des celles-ci après qu’elles aient quitté la plage. Le marquage à l’aide des bagues métalliques numérotées est une méthode reconnue dans l’étude du comportement des tortues pendant les inters saison de nidification des tortues marines. Des équipes de chercheurs parcourent les plages du Gabon toutes les nuits pendant la saison de ponte afin de localiser les femelles pour leur suivi. Elles sont d’abord mesurées et des informations relatives à l’état général de la tortue sont enregistrées. Une bague monel ou encore une puce électronique est ensuite fixée sur la peau. Une base de données centrale est construite, elle reçoit et compile toutes les informations issues des camps de recherche afin de valoriser les données sur les tortues marines du Gabon au fil des années. |
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Il est préconisé de faire une étude sur l’importance de plage ou d’une zone écologique pour la conservation des tortues luth et d’analyser les tendances de la taille de la population en comptant le nombre de nouveaux nids fait chaque nuit. Le choix du lieu pour nicher, le profil génétique de la population et certains aspects de la santé de la population de tortues, dont les effets de la pollution, peuvent être sévères. A Mayumba, la recherche sur les tortues est corollaire avec le contrôle de l’impact des humains sur les tortues dans le Parc National et ses alentours. Les équipes effectuent régulièrement des rondes dans la nuit afin d’obtenir des informations sur les tortues qui nichent, et des patrouilles de jour permettent de compter les traces de montées des femelles sur une grande distance et le nombre de nouveaux nids et les éclosions éventuelles. ConservationIl semblerait que la population des tortues luth soit réduite de jusqu’à 90% ces 20 dernières années. A ce taux, et rythme l’espèce serait menacée d’extinction dans plusieurs régions du monde dans les prochaines années. Malgré le fait que la population de tortues qui visite le Gabon soit relativement en bonne santé pour l’instant, il ne serait pas prudent de baisser la garde. Si nous voulons maintenir cette population à l’état, des mesures urgentes de conservation sont nécessaires et s’impose.
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Comme nous l’avons vu, le taux de mortalité naturel chez les tortues luth est déjà très élevé. L’impact humain sur les tortues a été peu modéré pour le temps que nous avons partagé avec elles sur la planète. Mais les populations humaines ramassent les œufs de tortues et les populations locales chassent les tortues adultes pour la consommer, et ceci, à un rythme qui menace aujourd’hui la survie de l’espèce. Dans un grand nombre de pays à travers le monde, les tortues et leurs œufs sont ciblés comme une industrie commerciale, réduisant le nombre de tortues à un taux insoutenable. Au Gabon, malgré une population humaine peu importante, les menaces anthropologiques contre les tortues sont nombreuses. Les adultes femelles rencontrent une variété de dangers dès le commencement de la nidification. D’abord, plusieurs plages sont couvertes de grumes qui ont dérivé depuis les ports d’Owendo, de Port Gentil, de Mayumba etc. . Ces grumes bloquent l’accès à la partie supérieure de la plage, obligeant les femelles à nicher plus près de la mer rendant ainsi les nids vulnérables à l’inondation. Ce qui est plus grave, c’est que les femelles peuvent se faire emprisonner par ces grumes qui obstruent la plage les empêchant de poursuivre leur course, et peuvent mourir d’épuisement dû à la chaleur. |
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En outre les femelles peuvent être dérangées et forcées d’interrompre la nidification par les comportements irréfléchis des observateurs humains. Les flashs des appareils photographiques,, des lumières vives, les chiens errants, les feux de camps, le toucher abusif des tortues, les bruits ou les vibrations peuvent avoir pour conséquence l’abandon d’une tentative de nidification. Les tortues sont inquiétées et désorientées par les voitures, les motocyclettes et les quadricycles, en plus de d’abandonner une tentative de nidifier ou elles peuvent rentrer vers l’intérieur des terres au lieu de repartir à la mer. Les véhicules motorisés ont pour effet de perturber les tortues luth, lorsqu’ils sont utilisés près ou sur les plages pendant la période de nidification. Les .quadricycles utilisés sur les plages du nord du Gabon, sont responsables de la mort de petites tortues et même les sillages peu profonds des pneus peuvent les piéger, les rendant ainsi vulnérables aux prédateurs. Les hôtels et les résidences privées contribuent aussi à perturber les femelles qui nichent par la quantité de lumière de leurs propriétés. Certaines renvoient .des lumières puissantes sur la plage, et même celles qui n’ont que des lumières standard contribuent à illuminer .un ciel nocturne. Comme nous l’avons déjà vu, les tortues utilisent la luminosité du ciel pour s’orienter vers la mer en sécurité, et les perturbations lumineuses causées par les habitations humaines peuvent être un important danger. A Pongara, près de Libreville, plusieurs tortues échouent dans la savane au delà de la plage ayant été attirées par les lumières des hôtels de la Pointe Denis. Ces animaux meurent très rapidement s’ils ne sont pas sauvés et retournés dans la mer immédiatement. Les personnes qui habitent près des plages de nidification doivent être encouragées à ombrer les lumières vives pendant la période de nidification afin de minimiser le nombre de tortues perdues, et de tentatives de ponte interrompues. |
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Les œufs de tortues sont souvent ramassés comme nourriture par la population locale. Dans certaines parties du monde, 100% des nids sont visités par les pilleurs des nids, entraînant l’extinction de la population locale. Quand le lieu approximatif d’un nid est découvert, un sondeur ‘’long bâton pointu’’ est utilisé pour chercher et localiser les œufs. Alors le chasseur creuse et pille le nid. |
Chaque année quelques femelles sont tuées sur les plages gabonaises, mais cela est assez rare étant donné que la chair de tortues luth n’est pas très prisée. De plus grandes pertes ont lieu en mer. Les palangriers pour la pêche aux thons étendent des lignes de pêches de parfois sur 60km de long avec des milliers d’hameçons. Ces bateaux viennent de France, de l’Espagne, et du Portugal sous les termes d’un accord de pêche avec l’Union Européenne. Malheureusement, cette méthode de pêche est responsable d’énormes prises accidentelles de requins, d’oiseaux de mer, et de tortues de mer. Au Gabon, il y a grand besoin en observateurs à bord dans les bateaux de pêche aux thons afin d’évaluer l’impact de cette pêche et ainsi recommander un code de conduite afin de diminuer les pertes. Une saison fermée à la pêche à la palangre ou encore l’utilisation de nouveaux hameçons qui réduiraient les pêches accidentelles seraient des options à considérer. Plus proche de la côte, les chalutiers occasionnent des dégâts en ce sens qu’ils exercent le gros de leurs activités dans les eaux côtières. Les tortues qui ont besoin de respirer l’air sont facilement retenues et noyées dans leurs filets. Chaque année, de nombreuses dépouilles de tortues se retrouvent échouées sur la plage, à cause des impacts de toutes les formes de pêcherie. Dans d’autres régions du monde, des Dispositifs d'Exclusion des Tortues (DET) sont installés dans les filets permettant aux tortues de traverser les filets sans être capturées, et nous espérons pouvoir promouvoir un système similaire au Gabon. |
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Les tortues luth sont aussi menacées par l’usage de mono filament (filet de crin fin). Ces filets s’étendent sur de longues distances et sont presque invisibles. Dans leur déplacement, les animaux viennent s’y accrocher s’étouffent et se noient en essayant d’y échapper. Les déchets en plastic sont un autre danger dans la mer. Les tortues luth les confondent aux méduses et les consomment. Ceci peut qui peut occasionner leur mort ou endommager leur état de santé générale, la rendant plus vulnérable aux autres agents pathogènes et menaces. |
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Le Gabon a une responsabilité particulière, celle d’assurer la survie de l’espèce, vu que c’est le plus important berceau d’accueil des tortues luth. Le partenariat pour les tortues du Gabon (Aventures sans frontières (ASF), le Wildlife Conservation Society (WCS), Ibonga et le World Wilde Fund for Nature (WWF) travaille pour une meilleure protection des tortues marines. Néanmoins les fonds nécessaires aux programmes de conservation sont souvent insuffisants, difficiles à trouver et les tortues marines au Gabon restent menacées. |
Les autres espècesIl y a quatre espèces de tortues marines qui fréquentent le Gabon. Bien que la tortue luth soit l’espèce la plus répandue et celle qui a le plus de chance d’être observée à Mayumba, mais la luth a sa cousine, la tortue olivâtre (Lepidochellys olivacea) qui niche sur les plages de Mayumba vous pouvez avoir la chance de l’observer. C’est une tortue à carapace classique, qui ne pèse qu’entre 35 et 40 kg, un grand contraste avec la tortue luth. Elle peut être distinguée des autres espèces de tortue à carapace dure par ses écailles costales. Elle présente 6 ou 9 paires de chaque coté des écailles centrales. Les tortues olivâtres sont les plus nombreuses de toutes les tortues marines du monde, mais plus difficile à observer, elles nichent un peu plus tôt dans la saison que la plupart des tortues luth. |
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Les deux autres espèces rencontrées au Gabon sont la tortue verte (Chelonia mydas) et la tortue imbriquée (Eretmichelys imbricata). Elles se rencontrent principalement autour de la baie Corisco, à l’extrême nord du Gabon. Cette zone est l’une des plus importante zone alimentation pour ces espèces sur la côte ouest africaine. Les deux espèces s’alimentent d’algues et d’herbes marines qui se trouvent en petite quantité le long de cette région de la côte gabonaise. Les deux espèces ont quatre écailles costales mais peuvent être différenciées par l’unique paire d’écailles entre les yeux de la tortue verte, alors que la tortue imbriquée en compte deux paires. Il est assez improbable d’en voir sur la plage. Elles sont plus présentent dans la zone alimentation. Malheureusement il n’est pas exclut de trouver un spécimen d’entre eux prisonniers sur une pirogue au Cap Estérias, ou piégé dans de petits coraux, attendant la boucherie qui précède l’approvisionnement des marchés de Libreville ou de Bata. Les prélèvements qui se faisaient autrefois pour des cérémonies traditionnelles à petite échelle par les populations Benga sont maintenant devenus une activité commerciale qui menace la survie de la population de tortues locale. Les tortues vertes et les tortues imbriquées sont protégées au Gabon. Si on vous offre des produits à base de tortue refusé d’en acheter et d’expliquer aux vendeurs les dangers de son activité pour les espèces concernées. |













